Vente d'un bien : le mandat en débat

Une habitation en construction. Au moment de la réception des locaux, vous pouvez prendre conseil auprès d'un expert.


23/09/2007


Exclusivité ou pas ? Simple ou partagé ? Vous voulez vendre un bien et hésitez sur le mandat confié à l'agent immobilier ? Deux professionnels lillois ouvrent le débat et vous aident à y voir plus clair. Entre le vendeur et l'acheteur, un intermédiaire, l'agent immobilier, titulaire d'une carte professionnelle. Naturellement, les transactions peuvent se faire de particulier à particulier ou via le négociateur immobilier d'une étude notariale. Mais le recours aux agences est des plus fréquents. Vous souhaitez confier à l'une ou l'autre la vente de votre maison ou de votre appartement ? Dans tous les cas, l'opération ne se fera pas sans la signature préalable d'un mandat. Le mandat ? Un document signé en deux exemplaires par le ou les vendeur(s) particulier(s) et l'intermédiaire, soit le mandant et le mandataire. Trois cas de figure se présentent alors.

Simple et souple ?

Vous ne voulez pas vous engager avec un seul professionnel et vous souhaitez même conserver le droit de vendre vous-même votre bien ? Optez pour le " mandat simple ". Concrètement, si vous mettez ainsi en vente un bien - dont vous avez hérité par exemple - qui est géographiquement éloigné de votre propre domicile, cela signifie que vous devrez confier les clés de l'habitation à plusieurs mandataires. Gérard De Rycker, agent immobilier lillois membre de la FNAIM, se souvient de cette maison vide mise en vente par un couple n'habitant pas la région. " En plein hiver, la chaudière a explosé. Or, il s'agissait d'un mandat de vente exclusif. Les vendeurs se sont retournés contre l'agence dont l'assurance a dû prendre en charge les frais occasionnés ". Et de s'interroger : " Que se serait-il passé en cas de mandat simple partagé entre plusieurs agences ? ".

Des avantages du mandat unique

Jean Lietaert, associé de l'agence Abrinor Debeunne, confirme. Le mandat exclusif présente l'avantage pour le vendeur d'avoir un " interlocuteur unique responsable ". Certes, c'est un engagement réciproque entre les deux parties : le vendeur s'engage à ne pas vendre le bien lui-même et ne peut en aucun cas confier la transaction à un autre intermédiaire professionnel, exclusivité oblige. Logique. Mais, le mandataire, selon Jean Lietaert, s'engage de son côté à " une mise en avant, une attention particulière, un suivi " de l'affaire. On va alors davantage " faire vivre le produit " souligne Gérard De Rycker. Exemple ? La mise à jour régulière des informations relatives au bien sur Internet. " L'exclusivité suppose que l'agence et le vendeur soient pleinement d'accord sur le prix du bien " ajoute Jean Lietart. Avec un mandat simple, il y a concurrence entre les mandataires qui peuvent afficher les biens à des prix différents.

Changement de conjoncture

Dans un marché redevenu normal, selon les professionnels, les prix ne vont plus augmenter comme ils l'ont fait ces trois ou quatre dernières années. " Les stocks de biens augmentent. Les délais de vente sont aujourd'hui multipliés par deux ou trois " affirme l'un de nos deux interlocuteurs. Conséquence ? " Le retour en force de l'exclusivité dans un marché qui est moins brillant " . En période de forte hausse, la multiplication des mandats donnait toutes ses chances au vendeur " gourmand ". Le changement de conjoncture actuel redonne tous ses droits à la capacité d'analyse du professionnel. Les prix étant moins fous, le vendeur a intérêt à trouver " la bonne personne, la bonne structure, la compétence et les moyens " conclut Jean Lietaert. " Le mandat exclusif est un partenariat qui réussit à 90 % " résume, quant à lui, Gérard De Rycker.

CHRISTOPHE DRUGY / La Voix du Nord


Les sites du groupe