"Je veux vivre dans un loft" : (2/2) transformer hangar ou grange en maison individuelle


16/03/2008


Expérience différée ou réussie, allons cette fois-ci à la rencontre de particuliers pour qui loft rime avec réhabilitation d'un bâtiment unique, loin des grandes opérations collectives évoquées la semaine dernière.

Avant une installation dans une confortable habitation, plusieurs mois de réhabilitation et de transformation. PHOTO ARCHIVES KARINE DELMAS

Actuellement domiciliés à Lambersart, Catherine et Patrick recherchent un lieu idéal pour y faire bâtir un loft. Envie d'espace et de volume tout en conservant une habitation indépendante. Le plateau brut en copropriété, évoqué dans notre premier épisode, n'est donc pas pour eux. Par l'intermédiaire d'une agence, ils ont eu récemment connaissance d'un hangar à vendre à Pérenchies. Un bâtiment mis en vente à 180 000 E. De quoi y aménager un très beau 200 m². Un coup de coeur ? Sans doute. Mais, très vite, quand il s'agit d'envisager l'achat et les indispensables travaux, un problème surgit : le futur jardin sera orienté au nord. Grosse déception pour le couple qui tient absolument à un espace vert bien situé. Aujourd'hui, Catherine et son compagnon n'excluent pas un autre choix immobilier : l'acquisition d'une maison de maître à rénover. Leur loft story n'aura a priori pas lieu.

Du rêve à la réalité

Autre cas, autre lieu : Wasquehal. Franck, jeune chef d'entreprise, y a élu domicile avec sa famille. Son cadre de vie ? Un loft de 250 m² où dominent des formes cubiques. Dans la pièce principale, cheminée, aquarium et une hauteur sous plafond de 7 mètres. Cette maison pas comme les autres, Franck et son épouse en ont rêvé. Tellement qu'ils ont visité, à la veille de leur voyage de noces, le hangar qui prenait place en ces lieux. Hélas, le bien est déjà vendu. Franck ne parvient pas à enlever le projet de sa tête. Heureuse surprise au retour d'Australie : le hangar wasquehalien est à nouveau sur le marché... au prix de 70 000 E. Le couple n'hésite pas et se lance dans l'aventure, avec le concours d'un architecte qui dessine une série de cubes. Installé depuis deux ans, avec le recul, et non sans humour, Franck résume ainsi l'expérience : " Pas mission impossible... mais pas non plus Alice au pays des merveilles ! ". Ses regrets ? Des divergences avec les professionnels rencontrés. " Dans ce genre de projet, il faut être vigilant... ne pas hésiter à mettre les entreprises en compétition. " Si en son temps il n'a pas fait appel à un expert pour valider certains choix et certains travaux, il conseille de recourir à ce genre de service. Côté aménagement intérieur, il a réalisé beaucoup de choses lui-même, avec de l'aide. Et, perfectionniste, d'avouer que tout n'est pas encore fini. La piscine et deux terrasses sont là pour faire oublier les longs week-end passés à bricoler. De fait, avec sa famille, il habite une superbe maison qu'il n'aurait pas pu s'offrir dans le contexte immobilier actuel.

Tout casser ?

Le rêve de Franck est partagé par de nombreux particuliers que Christine et Mathieu Ongena viennent de rencontrer au salon Immotissimo. Créateurs de l'agence "Vu comme ça", ils sont installés à Lille-Wazemmes. La conception et l'aménagement de lofts représentent la moitié de leur activité. Un type d'habitat qu'ils connaissent d'autant mieux que c'est un ancien hangar entièrement réhabilité qui abrite leur domicile et leur bureau. à leur actif, de nombreuses opérations dans et autour de la métropole lilloise. Ici, à Hem, deux corps de fermes et un hangar, le tout en forme de U. " On a travaillé sur le hangar. La ferme est devenue un décor " précise Christine. Ailleurs, les deux architectes ont réalisé un loft de plain-pied pour un couple de seniors finalement conquis par le concept. Troisième cas : deux lofts locatifs aménagés dans une ancienne grange. Mais, les professionnels mettent en garde : "Le permis de construire doit autoriser un changement d'affectation". Au total, de leur travail, ils donnent la définition suivante : "Par des jeux de plafonds et de sols, nous redélimitons des sous espaces, pour créer une ambiance chaude dans de grosses boîtes."

CHRISTOPHE DRUGY / La Voix du Nord

ZOOM

Budget

Notre couple d'architectes lillois le confirme : pour l'aménagement intérieur d'un plateau brut, il vous faudra prévoir une dépense d'environ 500 E par m². "Les primo-accédants oublient parfois de provisionner ces aménagements dans leur budget" soulignent-ils. Une réhabilitation en amont ? Prévoir 1 500 E du m² (davantage si le projet est complexe). Au total, un coût qui avoisine le prix du neuf classique. Mais, pour une réalisation qui, elle, est originale. Naturellement, le coût global peut être bien supérieur, selon le prix du terrain : un loft réalisé en zone péri-urbaine sera nettement moins cher que celui aménagé en coeur de ville.

Durée des travaux

Un travail important de réflexion avec le client, en amont. Qui dure de 4 à 6 mois. Une consultation des entreprises pendant l'instruction du permis de construire. De 9 à 12 mois de travaux ensuite.

Brut ou pas

Certaines municipalités n'autorisent plus la livraison de seuls plateaux bruts et refusent donc les demandes de permis de construire. La raison ? L'aménagement intérieur assuré par l'acquéreur lui-même pourrait ne pas respecter certaines normes (d'isolation phonique, par exemple). Donc, dans ce cas, obligation de livrer des lofts finis. Avant de vous lancer dans un projet, renseignez-vous bien en mairie sur les possibilités de transformation en habitation d'un local à usage professionnel. C'est le conseil principal donné par les architectes consultés.


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