Mon logement ne se vend pas ? Les causes... et les (petits) moyens d'y remédier


10/02/2008


Dans le contexte immobilier actuel, un bien mis en vente ne trouve plus aussi facilement acquéreur. La raison ? La réalité du marché, aujourd'hui différente de celle d'hier... Mais, le temps des bonnes affaires étant précisément révolu, les vendeurs ne commettent-ils pas quelques erreurs qui ralentissent la finalisation d'une opération ? Jacques Timmerman, agent immobilier lillois, nous livre son point de vue sur la question.

" Les stocks des agences sont vides... pas de délais... les biens se vendent immédiatement. " Début décembre 2007, le conseil régional des notaires du Nord - Pas-de-Calais résume la situation... passée. Celle des années 2003-2005. Depuis lors, la conjoncture n'est plus la même. " Des stocks un peu plus importants " note Me Patrick Baert, président du conseil. " Les délais ont tendance à s'allonger " confirme son porte-parole, Me Fran�ois Quecq d'Henripret. Peut-on parler de baisse ? " Une stabilisation, une régulation plus qu'une baisse " estiment alors les deux notaires. Dans ce contexte où " le Nord - Pas-de-Calais a rejoint la moyenne nationale ", quels conseils donner aux vendeurs ? sourit Fran�ois Quecq d'Henripret, notaire à Ronchin. Car la création d'une SCI est fréquente, mais elle n'est pas nécessaire dans tous les cas.

Le prix? Pas seulement...

" D'abord, écouter les professionnels " sourit Jacques Timmerman qui dirige un cabinet du centre de Lille. Réponse banale et attendue ? En fait, son regret est que " les clients multiplient le nombre d'agences ". Une tendance qu'il fait remonter à trois ou quatre ans. Féroce sur certaines émissions de télévision qui donnent une image " cool et sympa " de l'agent immobilier faisant la bise au client, ce professionnel aguerri rappelle quelques règles simples, considérant que la question du prix n'est pas le seul problème " dans le cas d'un bien qui peine à se vendre. Aujourd'hui plus qu'hier, les acquéreurs " veulent quelque chose dans lequel ils peuvent habiter immédiatement ou rapidement " souligne-t-il. Dès lors, les vendeurs doivent " rendre vendable leur bien ". Vendable ? " Présentable " précise le professionnel.

Faire ou ne pas faire de travaux?

" L'estimation des travaux est toujours sous-évaluée par le vendeur. Il annonce un prix moins les travaux qu'il ne veut pas faire " poursuit Jacques Timmerman qui, sans langue de bois, estime " sales " dans 8 cas sur 10 les logements visités à vendre ou à louer. Sales voire plus. Une persienne cassée, un lavabo qui fuit, des traces d'humidité... Photos à l'appui, l'agent immobilier fait l'inventaire des petites choses qui repoussent le visiteur.
Quelle est l'attitude du professionnel face à une telle situation ? Un rôle de conseil évidemment : " Il faut négocier les points à améliorer pour optimiser la vente du bien " argumente-t-il. Mais trop souvent, " le discours est mal re�u " par le vendeur qui change d'agence et revoit à la baisse le prix demandé. " Une vente peut se casser la figure pour des questions pourtant facilement résolubles " déplore-t-il. De poursuivre : " Après remise en état, ils trouvent preneurs... mais seul un sur vingt en est persuadé. "
Entretenir son jardin, repeindre les boiseries, retapisser une pièce pour " la rendre propre, neutre, saine... avec une belle peinture blanche " préconise l'agent immobilier qui avoue s'être lui-même appliqué la méthode pour vendre sa maison il y a plusieurs années. Montant de la facture ? à condition de faire le travail soi-même, quelques dizaines ou centaines d'euros. Rien comparé au prix d'un bien. Or, dans le pire des cas, pour des travaux que le vendeur ne veut pas faire, la décote peut aller " jusqu'à 30 ou 40 % " conclut le professionnel. Qui insiste : " Les acheteurs sont là à attendre du bon produit au bon prix... ils feront une offre sur celui en bon état. "

CHRISTOPHE DRUGY / La Voix du Nord


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