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Les résidences séniors : un marché en plein boom dans l'Aube

Cette année, de nombreuses résidences séniors sortent de terre dans l'Aube. Bailleurs sociaux et promoteurs privés se lancent dans l'aventure. Zoom sur un type de logement qui rompt avec la tradition des foyers-logements et des maisons de retraite médicalisés.

 

Ce n'est un scoop pour personne, la population française vieillit. Selon l'Insee, en 2060, une personne sur trois aura plus de 60 ans en France. Le vieillissement démographique du pays a déjà démarré. Dans l'Aube, entre 2007 et 2012, la part des populations âgées de 60 à 74 ans (15,7%) et 75 ans et plus (10%) a progressé, à l'inverse des autres catégories d'âge (exceptés les 0 à 14 ans). Parmi les préoccupations majeures à venir chez les séniors, l'immobilier tient une place de choix. Dans ce domaine, les professionnels veulent coller aux attentes des retraités qui ne désirent pas vivre dans des établissements médicalisés. « Le but est de repousser l'entrée en maison de retraite », annonce Éric Protte, directeur général d'Aube immobilier.

Véritable alternative aux ehpad, de nombreuses résidences séniors ont vu le jour ces dernières années dans l'Aube. Le bailleur social Aube immobilier a montré la voie en 2004 à Ossey-les-Trois maisons. Dans ce petit village proche de Romilly, 18 pavillons sont proposés à la location aux séniors dans des tarifs qui correspondent aux baux classiques des logements sociaux. Située en pleine campagne, cette première résidence n'a pas eu le succès escompté. « C'est celle où l'on a le plus de mal à louer car on est dans la ruralité profonde », avoue Éric Protte. Le bailleur social a alors affiné son analyse : « il faut installer des résidences séniors là où il y a des services et des écoles. Il ne faut pas les isoler, mais les mettre au milieu de la vie. » Depuis Ossey-les-Trois-Maisons, 15 résidences Aube immobilier ont vu le jour dans des chefs-lieux de canton ou des villes de l'agglomération troyenne : à Lusigny-sur-Barse, Aix-en-Othe, Saint-Julien-les-Villas, La Chapelle-saint-Luc, Essoyes, Les Riceys. En tout, 320 logements ont été réalisés : la plupart des opérations sont composées de pavillons traditionnels de petite typologie avec tous les équipements adaptés (douche à l'italienne, volets roulants électriques, etc.). Elles gardent une architecture similaire : coursives extérieures abritées, architecture en bande... de manière à favoriser la solidarité entre les locataires.

Calme, sécurité, services : ce que veulent les séniors

Parmi ces habitants du troisième et quatrième âge figurent Martial et Dominique. Ce couple de retraités, âgés de 63 et 64 ans, s'est installé il y a cinq ans dans l'une de ces résidences à Rosières-près-Troyes. Une maison mitoyenne de trois pièces qui offre tout le confort. Pour le couple auparavant locataire dans un immeuble réputé sensible à Troyes, c'est le jour et la nuit. « C'est ce qu'il me fallait. C'est très calme ici et on a des voisins très bien », juge Martial. À Troyes, Ginette vient d'emménager dans la première résidence Troyes Habitat dédiée aux personnes âgées inaugurée cet hiver. « On est à quelques minutes du centre-ville, il y a tous les commerces et tous les services à proximité et surtout je me sens en sécurité. Je suis encore autonome mais c'est tellement rassurant », raconte-t-elle. La demande est très forte selon Éric Protte : « les logements sont très vite pris d'assaut. »

Après Aube immobilier, d'autres bailleurs sociaux ont suivi l'exemple : Troyes Habitat et Mon Logis vont chacune bientôt inaugurer une résidence séniors à Pont-Sainte-Marie, 25 logements en maisons individuelles rue Fernand-Jaffiol (Troyes Habitat) et 25 logements en immeuble collectif rue Pasteur (Mon Logis). Aube immobilier doit livrer d'autres opérations du même genre à Maisières-la-Grande Paroisse (12 pavillons) en 2016, à Mesnil Sellières (12 pavillons) en 2017 et à Saint-Germain (25 pavillons) en 2017/2018.

Une vaste résidence privée bientôt ouverte à Troyes

Des promoteurs privés s'immiscent aussi dans ce marché. Le chantier le plus emblématique se trouve actuellement à Troyes sur l'ancienne usine Fra-For. Porté par le promoteur Aquarelia, le chantier d'un coût de 15 millions d'euros et d'une durée de 24 mois prévoit la création d'une résidence séniors de 106 logements du studio au type 3. Gérée par Obeo résidences, celle-ci devrait ouvrir d'ici le mois de septembre. Les tarifs sont plus élevés que pour un logement d'un bailleur social. Pour un studio avec une formule « club », incluant l'accès à une salle de ciné, au restaurant, jardins et bibliothèque comptez un peu moins de 1 000€ par mois. Pour avoir accès à tous les services (restauration midi et soir, assistance, etc.) le loyer mensuel grimpe à 1 400€. Les lots ont tous été vendus à des investisseurs d'après Obeo résidences. Le gérant de la future résidence dénommée « Berges de Seine » va bientôt lancer la commercialisation des logements auprès des locataires. « On a déjà pas mal de gens intéressés », annonce Baptiste Corre, président d'Obeo résidences. Lequel veut inscrire l'établissement dans « quelque chose de pré-ehpad, pour des personnes qui ont besoin de lien social. On les aide à bien se nourrir et on facilite leur vie quotidienne. »

Franck DE BRITO

 

 

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