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Le corps de ferme, un bijou d’architecture

Dans notre région, le monde agricole a façonné différents types de richesses patrimoniales. Sur le territoire rural, le bâti ancien est essentiellement composé de fermes, dont la forme est adaptée à la double fonction d’habitat et de production agricole. Les corps de ferme en sont un bon exemple…

Les corps de ferme se composent généralement d’un logis, d’une étable, d’une laiterie et d’une grange, mais d’autres annexes peuvent s’ajouter, en fonction des cultures produites. La ferme élémentaire regroupe toutes ces fonctions sous un même toit, tandis que la ferme en L, typique de l’avesnois, se distingue par sa grange positionnée perpendiculairement au logis. Elles étaient adaptées à la production laitière et sont donc plus nombreuses dans les secteurs bocagers. Dans les zones de plateau, où la polyculture domine, la ferme en U, organisée autour d’une cour convenait à la diversité de la production agricole. L’ensemble du corps de ferme est une unité fonctionnelle et autonome (avec un accès direct aux cultures, vergers, potagers), organisée autour d’une traditionnelle cour pavée, perméable aux eaux de pluie.

 

Un bâti typique et diversifié

Les corps de ferme sont des ensembles bâtis disposés autour d’une vaste cour généralement fermée par des façades, des murs, des annexes ou des plantations. Ils possèdent la plupart du temps un porche aménagé dans un mur d’enceinte. On y trouve souvent une maison de maître, d’une architecture soignée, et des dépendances qui ceinturent la cour : granges, étables, écuries, avec étages pour le foin. Ces bâtiments simples, à toiture à deux pentes, sont nettement plus longs que larges et de différents volumes adaptés à des fonctions variées. Certains possèdent un élément de prestige : un pigeonnier de forme ronde à toiture conique. Si ce dernier fait partie intégrante des dépendances, alors sa tour est rectangulaire ou plus rarement hexagonale. Il existe peu d’ouvertures sur la rue : la vie est tournée exclusivement sur la cour intérieure. L’implantation des bâtiments suit la forme générale de la parcelle (rectangulaire ou carrée). Les matériaux utilisés dans la construction traditionnelle sont issus du sol et du sous-sol : pierre bleue, grès, terre crue ou cuite, assemblés à la chaux naturelle. Les bâtiments abritant hommes et animaux possèdent une façade sur cour largement ouverte au sud pour bénéficier des apports solaires. Les locaux destinés à la conservation sont quant à eux de préférence orientés au nord. Les granges où sont entreposées les moissons et battu le grain, sont bien souvent les parties les plus anciennes et les plus imposantes de la ferme. Leur avenir est fortement compromis à ce jour car elles ne répondent plus aux besoins des agriculteurs, la taille des engins agricoles étant aujourd’hui trop importante. Beaucoup sont donc reconvertis en logement.

Source : parc-naturel-avesnois.fr

 

La reconversion des corps de ferme

Ces grands ensembles de bâtiments agricoles sont pour certains, des exemples de reconversion réussis et peuvent donner des idées et susciter des projets de rénovation. Aujourd’hui, l’évolution des modes de vie incite souvent à transformer des annexes en pièces habitables ou à augmenter le nombre et la taille des ouvertures, tant en façade qu’en toiture. Ces aménagements doivent concilier une multitude de paramètres : la nouvelle fonction des pièces, la valorisation des vues vers le paysage, la structure existante de l’habitation, les éléments climatiques, le respect des principes de l’architecture traditionnelle, les enjeux énergétiques… L’aide d’un architecte peut alors s’avérer précieuse.

 

Faites entrer la lumière !

Pour augmenter le niveau d’éclairement au sein de ces logements, la transformation des portes de grange en baie vitrée reste la solution la plus respectueuse de l’architecture en place. Pour la création d’ouvertures en toiture, il est recommandé de les positionner en alignement vertical avec les ouvertures de la façade et de choisir des châssis de toit intégrés à la couverture, afin de conserver l’aspect lisse des versants de toiture. La réhabilitation efficace d’une maison commence par la remise en état de l’enveloppe extérieure – couverture, murs, huisseries - dans le respect des matériaux et des mises en œuvre d’origine. Ces travaux préalables sont l’occasion de réduire les défauts d’étanchéité de la maison, qui peuvent être à l’origine de 15% de ses pertes de chaleur.

 

Travaux d'aménagement, des autorisations parfois nécessaires

Avant de vous lancer dans la création d'une baie vitrée, la transformation d’une annexe en pièce habitable ou l'aménagement des combles pour créer une chambre supplémentaire, il convient de vérifier à quelles conditions vous en avez le droit. En la matière, l'Adil – agence départementale pour l'information sur le logement – pourra vous renseigner. Il est, en outre, conseillé de demander en mairie un « certificat d'urbanisme simple », qui vous indiquera l'état des règles applicables à votre terrain. Si vous souhaitez réaliser une construction d'ampleur, préférez un « certificat d'urbanisme opérationnel » qui indiquera également si votre projet est réalisable. Par principe, tout propriétaire est libre d'effectuer des travaux chez lui, sous réserve que ceux-ci ne modifient pas l'aspect extérieur de la façade et n'agrandissent pas la surface d'habitation. En d'autres termes, vous n'avez pas besoin d'autorisation pour poser un nouveau revêtement de sol, installer une salle de bains, abattre ou ajouter des cloisons…

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