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Le coron, figure typique du Nord

Si dans l’esprit collectif, il désigne l’ensemble de l’habitat minier, dans son sens premier, le coron est une habitation ouvrière du XIXe siècle. Facilement reconnaissable, il est composé de longues rangées de maisons mitoyennes identiques, allant parfois jusqu’à 80 !

Les premiers corons sont apparus en 1825 à Denain et Saint-Waast-le-Haut pour faire face à l’augmentation de besoin de main d’œuvre dans les mines. Ces maisons, souvent en briques et toutes identiques, sont composées d’une pièce principale en bas (servant de cuisine, salle de bains et parfois de chambre des parents) et de petites chambres à l’étage. Le tout est agrémenté d’un jardin potager à l’arrière de l’habitation, plutôt exigu (50 à 200 mètres carrés). Les logements les plus anciens possèdent un étage de comble couvert de toits à longs pans, les plus récents, à un étage, sont couvert de croupe en tuile flamande.

La courée

La courée est le nom que l'on donne, à l'urbanisation typique en cœur d'îlot dans les quartiers industriels du Nord de la France. De petites maisons toutes semblables, petites, à un étage, se font face le long d'une ruelle privée à laquelle on accède par un passage étroit. Cette forme d'urbanisme fut prisée au XIXe siècle dans les villes de Lille, Roubaix et Tourcoing. Tout comme les corons du bassin minier, elle est en effet égalitaire et d'une architecture simple.

Aujourd’hui classé

Au XXe siècle, de nombreux corons et courées, inadaptés aux exigences du confort moderne furent détruits. Ceux qui ont survécu ont été rénovés et sont recherchés pour leur côté pittoresque. Avec le classement du Bassin Minier à l’UNESCO, certains corons sont même désormais classés. Le coron a été célébré dans la littérature et en chanson. Emile Zola dans Germinal, Pierre Bachelet avec Les Corons un siècle plus tard, chanson devenue l’hymne des supporters du RC Lens.

Sources : dailynord.fr ;

culture.gouv.fr

3 exemples célèbres de coron

La Cité ouvrière de la Compagnie des mines d'Anzin

En 1825, la compagnie des mines d’Anzin est à l’origine de la construction de 32 maisons ouvrières, en deux corps de bâtiments. Les logements ont été restaurés dans les années 1980 par la Soginorpa, propriétaire du site. Le coron du Nouveau Monde, aujourd'hui appelé Coron de l'église Sainte-Barbe, serait le plus ancien exemple de logement minier de la région.

La Cité Pottier de Lille

À Lille, on peut visiter la « Cité Pottier », une courée arborée représentant un habitat typique traditionnel composé de maisons ouvrières construites à la fin du XIXe siècle et réhabilitées dans les années 1980.

Les maisons « ouvrières » ou de « rangées » à Comines

La ville de Comines compte de nombreuses maisons dites « ouvrières » ou de « rangées », en centre-ville ou périphérie, qui témoignent du développement industriel de la commune, accompagné d’un essor démographique à partir du XIXe siècle. Parmi les rangées les plus remarquables : le quartier dit « des maisons ouvrières », rue de la Victoire, de l’Apothicaire, Philippe de Commynes à Comines. Elles ont été construites par l’administration hospitalière et sous l'impulsion du maire, Désiré Ducarin, à l’aube de la Première Guerre mondiale. Elles ont été reconstruites partiellement dans l’entre-deux guerres.

Le saviez-vous ?

Le mot « coron » désigne également une commune de l’Anjou, un port grec du Péloponnèse et une île des Philippines. Un coron (du wallon coron, désignant l'extrémité, le coin d'une rue puis d'un quartier ouvrier, terme issu de l'ancien français corn issu lui-même du latin cornus, « coin »).

 

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