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Comment renégocier son prêt ?

Devant la baisse historique des taux des crédits immobiliers, la tendance est grande de vouloir renégocier son prêt. Gain d’argent et diminution de la durée des échéances plaident en ce sens. Explications.

C’est la dernière conversation à la mode. Au bureau, chez le coiffeur ou encore au supermarché qui n’a pas entendu parler un quidam de sa renégociation de prêt immobilier. Et les ristournes obtenues font rêver les oreilles furtives. Selon les cas, le gain peut aller de 20 000 à 80000 euros, diminuant le nombre de mensualités de plusieurs années. La raison est à chercher du côté des taux des crédits immobiliers. Jamais depuis 1940, ils n’ont été aussi bas. En janvier 2015, ils affichaient un taux moyen de 2,29 % selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Cette embellie pour le porte-monnaie des particuliers est due à la Banque centrale européenne qui prête aux banques à un taux record flirtant avec le 0% et ceci pour soutenir l’économie. Tous les indicateurs sont donc au vert pour renégocier. D’autant que les prévisions pour l’année 2015 prévoient « une stagnation voire une très très légère remontée » , selon Michel Mouillard, professeur d’économie à l’Université de Paris Ouest s’exprimant dans le cadre d’une conférence de presse de l’Observatoire Crédit Logement/CSA du 22 janvier 2015. Car sur les fameux taux, les banques se livrent une véritable bataille à qui mieux mieux.

Faire jouer la concurrence

Pour obtenir le plus intéressant, le jeu de la concurrence demeure l’atout capital. Prendre rendez-vous dans plusieurs organismes bancaires est la première étape de la négociation. Celle-ci permettant une fois les différentes propositions en main, d’entamer des discussions auprès de sa propre banque. Et en cas de réponse insatisfaisante, il reste l’option du rachat de prêt par le concurrent qui aura établi la meilleure offre.

Il est d’ailleurs souvent plus facile de renégocier dans une autre banque que la sienne, parce qu’elle peut être disposée à « diminuer sa marge » pour, au mieux récupérer des clients possédant de l’épargne ou du moins de bénéficier des versements de leurs salaires.

Prendre en compte les frais de pénalités et les fonds de garantie

Si la vie semble particulièrement rose actuellement dans l’univers des prêts immobiliers pour les emprunteurs, derrière l’option du rachat de prêt par une autre banque se cachent des frais de pénalités à verser à la banque qui a initialement contracté le prêt. Ils sont de l’ordre de 3 % du capital restant dû. Autre montant à ajouter dans la reprise du prêt : les frais de garantie. Ce qui fait que cette opération n’est pas intéressante pour les emprunteurs en fin de prêt ou quand les frais de pénalités et le fond de garanties sont trop élevés. A bon entendeur…

 

En pratique

Comme nous l’évoquions précédemment, pour renégocier son prêt, il convient de frapper à la porte de la concurrence, qui sera un argument de poids dans les discussions avec la banque émettrice du prêt. Or pour être efficace, un certain nombre de documents seront demandés pour examiner le bien-fondé de la demande de rachat de prêt par une autre banque.

Parmi eux, le tableau d’amortissement du prêt à racheter, car c’est à partir de celui-ci que la nouvelle banque va pouvoir estimer à la fois le capital restant dû et les frais de pénalités (en cas de remboursement anticipé).

Si l’emprunteur se dirige vers un rachat de crédit par une autre banque, l’estimation réalisée par l’organisme sélectionné, devra être affinée pour établir le rachat de prêt. La nouvelle banque demandera donc à son futur client de se rapprocher de sa banque ayant contracté le prêt pour obtenir l’attestation de remboursement anticipé à la date choisie par elle pour reprendre le prêt. C’est ce document qui déterminera avec exactitude les indemnités à verser et le capital restant dû. Et permettra ainsi d’établir avec certitude le montant du nouveau prêt.

Tout est négociable

Lors de l’examen des offres des différentes banques, en plus de regarder le taux du crédit, il est recommandé de comparer le TEG (Taux effectif global) qui comprend en plus les garanties et les assurances. Autre conseil, il conviendra d’étudier le tableau d’amortissement pour vérifier que les premières mensualités ne se contentent pas de rembourser uniquement les intérêts mais aussi une partie du capital.

Il est possible de négocier le montant de l’assurance (décès, invalidité, chômage…) ainsi que les frais de pénalités en cas de remboursement anticipé.

Enfin, sachez qu’il est possible de négocier le montant de l’assurance (décès, invalidité, chômage…) ainsi que les frais de pénalités en cas de remboursement anticipé. La concurrence fait rage, alors profitez-en.

D’autant plus que depuis le 26 juillet 2014, date d’application de la loi sur la Consommation dite loi Hamon, les particuliers ayant souscrit un prêt auprès d’une banque à cette date, ont la possibilité de changer d’assurance emprunteur jusqu’à douze mois après la signature de leur contrat. Ici aussi de belles économies à la clé, pour peu qu’on sache être particulièrement convaincant auprès de son banquier actuel.

 

 

 

 

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