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Énergie : l'isolation par l'extérieur, une technique venue du froid

Venue du Grand Nord, l'isolation par l'extérieur est une méthode efficace… et pratique, à condition de bien en comprendre les techniques.

Encore marginale en France, l'isolation par l'extérieur, technique tout droit importée des pays nordiques, constitue une solution salutaire et diablement performante.

Le savoir-faire nordique

Des pays comme le Danemark, la Finlande ou la Suède étant à l'origine de cette technique en atteste la qualité. Les Allemands l'ont bien compris et s'en sont très largement emparés. En effet, selon l'Ademe (l'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie), ce procédé se révèle être le meilleur pour isoler complètement une habitation car il diminue davantage les ponts thermiques – ces points de jonctions qui brisent la continuité de l'isolement et entraînent des pertes de chaleurs – et absorbe admirablement les variations climatiques.

Trois procédés

En théorie, isoler son habitat par l'extérieur revient à ajouter une nouvelle couche (un manteau isolant) à sa façade. En pratique, il existe trois dispositifs pour le faire. Le plus courant consiste à poser une première épaisseur qui servira d'isolant (un enduit mince – généralement du polystyrène – ou hydraulique – mortier projeté sur la paroi) puis une seconde qui recouvrira la première, composée généralement de fibres de verre et d'un enduit de finition. Il s'agit là d'un processus solide, simple à entretenir et bien adapté aux zones urbaines ou exposées. La seconde solution est plus imposante. S'il s'agit toujours de poser, dans un premier temps, un isolant (polystyrène expansé, laine de roche ou de verre…), la seconde couche se trouve être un parement composé, au choix, de pierres, de planche de bois, de PVC ou de tout autre ornement souhaité. Les décisions esthétiques se font alors bien avant la pose, et les pièces sont préparées en usine. Le dernier procédé a recours à la chimie moderne et consiste à projeter des mortiers « tout-en-un », qui comprennent revêtements et isolants (bille de polystyrène, vermiculite exfoliée…). À noter qu'il faudra compter au minimum trois couches pour obtenir un résultat satisfaisant en termes de protection thermique. Cette dernière méthode, moins efficace que les deux premières, est un excellent complément à une isolation par l'intérieur.

Ravalement de façade

Comme on peut le voir, quelle que soit la technique choisie, l'apparence de l'habitation sera totalement modifiée. Il faut en avoir conscience avant d'opter pour ce type de travaux. Si certaines implications sont grandement positives – en une opération, on refait à la fois l'isolation, la façade, l'étanchéité et même, parfois, l'isolation sonore –, d'autres sont plus contraignantes. Premièrement, comme toute modification extérieure, il faudra demander les autorisations nécessaires auprès des autorités et se conformer au POS (plan d'occupation des sols) et au PLU (plan local d'urbanisme). Deuxièmement, cette opération augmente sensiblement la surface de l'habitation, ce qui peut avoir quelques incidences financières… Enfin, il est parfois malheureux, dans le cas d'un bâti ancien possédant des matériaux nobles, de les recouvrir.

Le bien-être a un prix

La mise en place d'une isolation thermique par l'extérieur est relativement simple (hormis les aménagements de façades parfois nécessaires en cas de pose de parement). On peut même rester chez soi durant toute la durée des travaux. Mais si l'on ajoute au prix élevé des matériaux la fragilité relative de l'ensemble, ces travaux représentent un véritable investissement. Malgré ces quelques bémols, cette technique offre des performances haut de gamme, en accord avec toutes les normes basse consommation en vigueur, et permet de réaliser de substantielles économies de chauffage, tout en augmentant nettement le coefficient bien-être de votre maison. Et ça, ça n'a pas de prix.

 

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